17 x 15 x 3,3 m
Infrastructure publique de sculpture sociale et collective
Barrières GBA, barrières Heras, barrières Vauban, portique à vélo, barrières de chantier, séparateurs de voie lestables, bancs, plots en béton, potelets anti-stationnement Festival des arts de la rue de Ramonville, du 14 au 16 septembre 2025
Produit d’un partenariat entre Arto (Ramonville) et la Maison Salvan (Labège), toutes deux appartenant à l’agglomération toulousaine, l’expérience Coince-Parc, la première mondiale de ce type, s’est tenue du 12 au 14 septembre 2025 lors de la 38ème édition des arts de la rue de Ramonville.
Inauguré en grande pompe avec Christophe Lubac, maire de Ramonville, Christine Arrighi, députée de la 9ème circonscription de Haute-Garonne, moi-même, Louis Dassé, Pierre Boisson, directeur du festival des arts de la rues de Ramonville et Paul de Sorbier, directeur de la Maison Salvan, il s’agissait de mettre en place un équipement urbain à destination de la pratique du coinçage d’objet en extérieur et plus précisément dans l’espace public urbanisé.
Les visiteur.euses ont ainsi pu, tout au long du festival, faire l’usage du Coince-Parc.
Ce projet de Coince-Parc rentre dans le cadre plus large d’un travail de recherche que je mène, dans le cadre de ma fonction de responsable des enquêtes et des diagnostics au sein de l’Institut International de Recherche et d’Études de la Sensibilité des Territoires.
Cette étude préalable, commencée en 2016, consiste en l’observation et l’élaboration d’une typologie des différentes façons de coincer un objet dans l’espace public. Elle s’appuie sur une large collecte photographique des différents types de coinçage ainsi que sur l’élaboration d’une étude écrite sur ce vaste sujet intitulée : Objet d’étude/Étude d’objets.
Motivée par la volonté d’asseoir une démarche artistique à la fois conceptuelle et ludique, sociale et participative, cette première édition du Coince-Parc s’inscrit plus largement dans le champ des arts relationnels.
La question sculpturale est aussi centrale que celle de la relation. Les objets à coincer ainsi que les supports et modules de coinçage deviennent alors objets, supports et traces de ces relations. Ces dernières sont autant sculpturales et matérielles que humaines et sociales.
La première relation est celle de la combinaison d’un ou plusieurs objets à coincer avec un ou plusieurs supports de coinçage. La deuxième relation est celle qui peut se créer entre les différents utilisateurs du Coince-Parc, mais aussi avec les équipes de médiation, toujours enjouées d’établir le dialogue.
Enfin, la troisième relation, synthèse de cette sculpture sociale et collaborative, est celle produite par l’ensemble des coinçages effectués tout au long du festival. C’est la photo finale du Coince-Parc quelques minutes avant son démontage.
Les différents coinçages, produits par des individualités, résonnent avec ceux adjacents ou sont inspirés par ceux vus deux heures auparavant. Les exemples sont multiples, autant pluriels que singuliers, et je ne vais pas ici chercher à les nommer exhaustivement.
Cependant, je voudrais insister sur le fait que le Coince-Parc est un objet d’art vivant et collaboratif qui propose, à qui le veut bien, de faire l’expérience très concrète de l’art contemporain.
C’est là, me semble-t-il, toute la force du Coince-Parc : rendre accessible à un large public le jeu et les enjeux de l’art contemporain tout en les rattachant à la richesse d’une poésie du banal et du quotidien.
Je remercie Paul de Sorbier et la maison Salvan, Pierre Boisson et toute l’équipe d’Arto, les équipes techniques du festival de Ramonville, les équipes de bénévoles, les services techniques des villes de Labège et de Ramonville, leurs municipalités respectives ainsi que les différents partenaires financiers, pour la très belle aventure que fut cette première édition du Coince-Parc.
Remerciement spécial pour Ereti, Beeboy, Saïa, Mathieu, Orane, Marina et Ilana.